Table des Matières
En 2023, environ 788 millions d’adultes vivaient avec une maladie rénale chronique. Pourtant, les infrastructures de dialyse sont très inégalement réparties dans le monde. Notre analyse de données internationales révèle des écarts frappants entre les pays.
Imaginez deux personnes atteintes d’une insuffisance rénale nécessitant des soins spécialisés.
Toutes deux peuvent avoir besoin d’une dialyse régulière pour survivre. Toutes deux dépendent d’un système de santé capable d’assurer un traitement fiable et continu.
La première habite près d’un centre de dialyse disposant de professionnels qualifiés, d’équipements adaptés, d’un approvisionnement régulier et d’une prise en charge financière.
La seconde doit parcourir de longues distances, fait face à des frais importants ou vit dans une région où l’accès aux traitements est limité.
Leurs besoins médicaux peuvent être comparables.
Leurs possibilités d’accéder aux soins peuvent être radicalement différentes.
En novembre 2025, une étude majeure publiée dans The Lancet a estimé que 788 millions d’adultes âgés de 20 ans et plus vivaient avec une maladie rénale chronique (MRC) en 2023.
Mais cela ne signifie pas que 788 millions de personnes ont besoin d’une dialyse.
La majorité des personnes vivant avec une maladie rénale chronique ne nécessitent pas de traitement de suppléance rénale.
Le véritable enjeu apparaît lorsque la maladie progresse, que les traitements deviennent indispensables et que le système de santé ne peut pas garantir une prise en charge adaptée.
Une étude publiée dans The Lancet Global Health en 2025 a mis en évidence des différences considérables dans la prévalence des patients recevant une dialyse selon les régions.
Parallèlement, les données de l’Atlas mondial de la santé rénale 2023 de l’International Society of Nephrology (ISN) révèlent une autre disparité.
Le Maroc déclarait environ 11,43 centres d’hémodialyse par million d’habitants, contre environ 0,64 en Irak.
La densité déclarée était donc près de 18 fois plus élevée au Maroc.
Cela ne prouve pas que l’accès à la dialyse soit 18 fois meilleur au Maroc, ni que les établissements des deux pays offrent des capacités identiques.
Mais cet écart soulève une question essentielle :
Pourquoi les infrastructures nécessaires à un traitement vital sont-elles si inégalement réparties, et quelles conditions permettent de transformer ces infrastructures en soins réellement accessibles ?
Cette analyse examine les données internationales sur les maladies rénales, les traitements de suppléance rénale et les systèmes de santé de quatre pays : l’Italie, la Roumanie, le Maroc et l’Irak.
Elle présente également un modèle de capacité opérationnelle qui explique pourquoi le nombre de postes de dialyse installés peut surestimer le nombre de patients qu’un centre est réellement capable de prendre en charge.
Réponse rapide : pourquoi l’accès à la dialyse est-il si inégal dans le monde ?
L’accès à la dialyse dépend d’un système de soins complet, et non de la seule présence de générateurs de dialyse.
Les patients ont besoin d’un diagnostic suffisamment précoce, d’une évaluation spécialisée, d’un traitement approprié, de professionnels qualifiés, d’infrastructures fiables et de dispositifs de financement permettant la continuité des soins.
Pour l’hémodialyse, les établissements doivent notamment disposer d’un traitement de l’eau adapté, d’une alimentation électrique fiable, de consommables, de procédures de prévention des infections et d’équipements correctement entretenus.
La distance géographique, les frais de transport et l’organisation des parcours d’orientation peuvent créer des obstacles supplémentaires.
Les pays disposant de réseaux de soins rénaux plus développés peuvent offrir davantage de possibilités de traitement.
Toutefois, les statistiques nationales ne permettent pas d’affirmer que tous les patients peuvent accéder à la prise en charge dont ils ont besoin.
L’accès à la dialyse ne se résume pas à l’existence d’un centre. Il suppose de pouvoir bénéficier d’un traitement approprié, sûr, financièrement accessible et continu.
8 statistiques sur les maladies rénales et la dialyse qui méritent notre attention
Les chiffres suivants proviennent d’études évaluées par les pairs, de recherches internationales et de rapports sectoriels.
Ils mesurent des réalités différentes et ne doivent pas être considérés comme interchangeables.
1. Environ 788 millions d’adultes vivaient avec une maladie rénale chronique en 2023
Une analyse du Global Burden of Disease Study 2023, publiée dans The Lancet en novembre 2025, estimait à 788 millions le nombre d’adultes de 20 ans et plus concernés par la maladie rénale chronique.
L’intervalle d’incertitude à 95 % s’étendait de 743 à 843 millions.
La prévalence mondiale standardisée selon l’âge était estimée à environ 14,2 %.
L’étude couvrait 204 pays et territoires.
2. Le nombre estimé d’adultes atteints a plus que doublé depuis 1990
La même étude estimait qu’environ 378 millions d’adultes vivaient avec une MRC en 1990.
En 2023, ce nombre avait atteint 788 millions.
L’augmentation du nombre absolu de personnes concernées était donc d’environ 108 %.
La croissance démographique et le vieillissement de la population contribuent à cette évolution.
Cette hausse ne doit pas être confondue avec une augmentation équivalente de la prévalence standardisée selon l’âge.
3. La maladie rénale chronique a provoqué environ 1,48 million de décès en 2023
Selon l’analyse publiée dans The Lancet, la MRC constituait la neuvième cause sous-jacente de décès dans le monde en 2023.
L’étude estimait qu’environ 1,48 million de décès lui étaient directement attribuables.
L’altération de la fonction rénale contribue également au risque cardiovasculaire, ce qui signifie que ses conséquences sanitaires dépassent la seule insuffisance rénale.
4. L’Afrique du Nord et le Moyen-Orient présentaient la prévalence régionale la plus élevée
L’étude estimait la prévalence standardisée selon l’âge de la MRC chez les adultes à environ 18,0 % dans la région Afrique du Nord et Moyen-Orient en 2023.
Il s’agissait de la prévalence régionale la plus élevée dans cette analyse.
Ce résultat souligne l’importance de la planification des soins rénaux dans cette région.
Il ne permet toutefois pas de déterminer les besoins de traitement propres à chaque pays.
5. Environ 3,57 millions de personnes recevaient une dialyse dans le monde en 2023
Une analyse distincte publiée dans The Lancet Global Health estimait à 3,57 millions le nombre de cas de dialyse à l’échelle mondiale en 2023.
L’intervalle d’incertitude à 95 % était compris entre 3,11 et 4,17 millions.
La prévalence mondiale standardisée selon l’âge était estimée à 39,3 personnes pour 100 000 habitants.
6. Environ 4,5 millions de personnes recevaient régulièrement une dialyse en 2025
Dans son rapport annuel 2025, Fresenius Medical Care estimait qu’environ 4,5 millions de patients bénéficiaient régulièrement d’une dialyse dans le monde.
Ce chiffre est une estimation sectorielle.
Il ne constitue pas une continuation directement comparable de la série du Global Burden of Disease.
Les années de référence et les méthodes étant différentes, il serait incorrect d’utiliser les chiffres de 2023 et 2025 pour calculer un taux de croissance mondial précis.
7. La prévalence de la dialyse variait considérablement entre régions
Dans l’analyse portant sur 2023, la région Asie-Pacifique à revenu élevé affichait une prévalence standardisée de la dialyse d’environ 115 personnes pour 100 000 habitants.
L’Afrique subsaharienne orientale affichait environ 1,3 personne pour 100 000 habitants.
Les taux rapportés différaient donc d’environ 88 fois.
Il s’agit d’une comparaison de la prévalence des patients traités, et non d’une mesure directe de l’accès, de la qualité des soins ou des besoins non satisfaits.
8. Vingt-deux pays présentaient une prévalence estimée de la dialyse inférieure à deux personnes pour 100 000 habitants
La même étude identifiait 22 pays affichant une prévalence particulièrement faible.
Douze appartenaient à la catégorie des pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure et dix à celle des pays à faible revenu.
Ces résultats révèlent d’importantes disparités dans le recours observé aux traitements.
Toutefois, une faible prévalence de dialyse ne signifie pas nécessairement que l’insuffisance rénale est rare.
La question centrale réside dans la différence entre le besoin médical et la capacité des systèmes de santé à y répondre.
Sources : The Lancet — Global Burden of Chronic Kidney Disease, The Lancet Global Health — Kidney Replacement Therapy et Fresenius Medical Care — Rapport annuel 2025.
Le malentendu des 788 millions : combien de personnes ont réellement besoin d’une dialyse ?
Le chiffre de 788 millions attire immédiatement l’attention.
Mais il doit être interprété correctement.
La maladie rénale chronique recouvre une grande diversité de situations cliniques et de degrés de gravité.
Selon les recommandations internationales KDIGO, la classification repose notamment sur la cause de la maladie, la fonction rénale estimée et l’albuminurie.
De nombreuses personnes présentent une maladie à un stade précoce.
Leur prise en charge peut comprendre le traitement des affections associées, la surveillance de la fonction rénale, la prévention cardiovasculaire et des interventions visant à ralentir la progression de la maladie.
Toutes ne développeront pas une insuffisance rénale nécessitant un traitement de suppléance.
Maladie rénale chronique et insuffisance rénale terminale : deux situations différentes
Lorsque la fonction rénale devient gravement altérée, certains patients ont besoin d’un traitement de suppléance rénale.
Les possibilités comprennent notamment l’hémodialyse, la dialyse péritonéale et la transplantation rénale.
Pour certains patients, une prise en charge conservatrice globale peut également constituer une option appropriée, après une décision médicale individualisée et éclairée.
Le choix dépend de l’état clinique et de la situation personnelle du patient.
Pourquoi on ne peut pas soustraire 4,5 millions de 788 millions
Une erreur statistique consisterait à soustraire les 4,5 millions de patients dialysés estimés des 788 millions de personnes vivant avec une MRC.
Le résultat serait considérable.
Mais il ne mesurerait absolument pas le nombre de personnes privées de dialyse.
Ces estimations concernent des populations, des méthodes et des années différentes.
La majorité des personnes atteintes de MRC n’ont pas besoin d’une dialyse.
Certains patients présentant une insuffisance rénale bénéficient d’une greffe plutôt que d’une dialyse.
D’autres suivent un parcours thérapeutique différent.
Pour mesurer les besoins de dialyse non satisfaits, il faut disposer de données sur l’insuffisance rénale, l’indication médicale des traitements, le recours effectif aux soins et les obstacles à leur accès.
Les besoins de dialyse non satisfaits ne peuvent pas être calculés en soustrayant la population dialysée de l’ensemble des personnes vivant avec une maladie rénale chronique.
Cette distinction est essentielle lorsque les statistiques internationales servent à orienter des investissements sanitaires.
Source : KDIGO — Recommandations 2024 sur la maladie rénale chronique.
Analyse originale : ce que révèlent quatre marchés de soins rénaux
Pour étudier les infrastructures nécessaires à la dialyse, nous avons examiné les données de quatre pays : l’Italie, la Roumanie, le Maroc et l’Irak.
Cette analyse s’appuie sur l’Atlas mondial de la santé rénale de l’ISN, des études régionales évaluées par les pairs et le registre de l’European Renal Association (ERA).
Elle distingue trois perspectives.
La prévalence des patients traités indique combien de personnes reçoivent une dialyse ou une autre forme de traitement de suppléance rénale.
La densité des établissements indique combien de centres de traitement sont déclarés par rapport à la population.
La capacité opérationnelle décrit le volume de soins qu’un établissement peut réellement fournir avec ses équipements, son personnel et ses moyens de fonctionnement.
Ces trois indicateurs répondent à des questions différentes.
Un pays peut déclarer un nombre important de patients traités sans que l’on sache si toutes les personnes ayant besoin de soins y ont accès.
De même, une densité relativement élevée d’établissements ne garantit pas une capacité suffisante.
Maroc : 11,43 centres d’hémodialyse par million d’habitants
L’Atlas mondial de la santé rénale de l’ISN rapportait, dans les données nationales de 2023, une prévalence de l’insuffisance rénale traitée d’environ 541 cas par million d’habitants au Maroc.
Il indiquait également environ 11,43 centres d’hémodialyse par million d’habitants.
La densité des centres de dialyse péritonéale était estimée à 0,22 par million et celle des centres de transplantation rénale à environ 0,19 par million.
L’Atlas signalait une augmentation d’environ 18,9 % des établissements d’hémodialyse depuis l’enquête précédente de 2019.
Ces données témoignent de l’existence d’un réseau important d’établissements déclarés.
Mais elles ne permettent pas de savoir si la répartition géographique des centres correspond réellement aux besoins des patients.
Une moyenne nationale de 11,43 centres par million ne renseigne pas sur les distances parcourues, le nombre de postes par établissement ou la disponibilité du personnel.
Elle ne permet pas non plus de mesurer les besoins thérapeutiques non satisfaits.
Pour le Maroc, une analyse régionale serait donc particulièrement utile.
Quelles populations vivent loin d’un centre ?
Quels établissements connaissent des tensions durables sur les créneaux de traitement ?
Dans quelles régions faut-il ajouter des postes de dialyse, et où une amélioration des effectifs ou de l’organisation serait-elle plus pertinente ?
Les chiffres nationaux ne permettent pas, à eux seuls, de répondre.
Source : ISN — Atlas mondial de la santé rénale : Maroc.
Irak : environ 0,64 centre d’hémodialyse par million d’habitants
Une analyse scientifique de l’Atlas 2023 de l’ISN consacrée au Moyen-Orient rapportait environ 0,64 centre d’hémodialyse par million d’habitants en Irak.
Elle indiquait également une prévalence de l’insuffisance rénale traitée d’environ 251 cas par million d’habitants et une densité d’environ 2,7 néphrologues par million.
L’étude mettait en évidence d’importantes variations régionales dans les infrastructures, les ressources humaines et les dispositifs de financement des soins rénaux.
Ces données constituent une référence historique utile pour comprendre les capacités déclarées de l’Irak.
Elles ne doivent toutefois pas être considérées comme un inventaire exhaustif et actualisé de tous les centres en activité en octobre 2026.
Le nombre d’établissements, les pratiques de déclaration, les financements et les services peuvent évoluer.
La véritable question consiste à savoir si les ressources disponibles répondent aux besoins cliniques de la population.
Même lorsqu’un centre existe, des contraintes opérationnelles peuvent affecter la continuité du traitement.
Le personnel spécialisé, l’électricité, le traitement de l’eau, les consommables et la maintenance des équipements jouent tous un rôle important.
Source : ISN — Capacité de prise en charge de l’insuffisance rénale au Moyen-Orient.
Maroc contre Irak : un écart frappant
En utilisant les données publiées dans les travaux de l’ISN pour 2023, le Maroc déclarait environ 11,43 centres d’hémodialyse par million d’habitants, contre 0,64 en Irak.
Le rapport entre ces deux valeurs est de :
11,43 ÷ 0,64 ≈ 17,9.
La densité déclarée des centres d’hémodialyse était donc près de 18 fois plus élevée au Maroc.
Ce ratio est un calcul original effectué à partir de données publiées par l’ISN.
Il ne signifie pas que la qualité des soins, la capacité de traitement ou l’accès réel soient 18 fois supérieurs dans un pays.
Les indicateurs issus d’enquêtes peuvent également être affectés par la qualité et l’exhaustivité des déclarations nationales.
Les centres peuvent présenter des différences considérables en matière d’équipements, d’effectifs, d’horaires et de volume de séances.
Ce calcul doit être interprété comme une comparaison d’infrastructures permettant d’identifier des questions à approfondir.
Il ne classe pas les chances individuelles d’un patient d’obtenir une dialyse.
Le nombre de centres compte, mais leur localisation, leur capacité de fonctionnement et la continuité du service comptent tout autant.
Roumanie : 25 442 patients sous traitement de suppléance rénale en 2023
Le registre ERA de 2023 rapportait 25 442 personnes sous traitement de suppléance rénale en Roumanie à la fin de l’année.
Cela correspondait à environ 1 335 patients par million d’habitants.
Le traitement de suppléance rénale comprend la dialyse et la transplantation.
Il ne faut donc pas confondre ce total avec la seule population dialysée.
Une analyse régionale de l’ISN consacrée à l’Europe centrale et orientale rapportait également environ 1 065,5 patients sous dialyse chronique par million d’habitants pour la Roumanie.
Les deux publications reposent sur des systèmes de déclaration et des définitions différents.
Chaque chiffre doit être interprété selon sa méthodologie.
La Roumanie présente un intérêt particulier en raison de l’importance de sa population traitée et des questions relatives à l’organisation des services.
Un pays peut afficher un taux relativement élevé de recours aux traitements tout en connaissant des disparités locales d’accès, d’effectifs ou de capacité des centres.
Pour les responsables roumains, les questions opérationnelles portent notamment sur la demande régionale, la répartition des modalités de dialyse, les horaires d’ouverture et la disponibilité des professionnels.
Un total national de patients traités ne suffit pas à y répondre.
Sources : ERA Registry — Rapport annuel 2023 et ISN — Europe centrale et orientale.
Italie : pourquoi l’exhaustivité des données est essentielle
Le registre ERA 2023 recensait 34 633 personnes sous traitement de suppléance rénale dans dix des vingt régions italiennes.
La prévalence correspondante était d’environ 1 210 patients par million d’habitants au sein de la population couverte.
Il ne s’agit pas d’un total national complet.
Cette limite géographique est essentielle.
Présenter le chiffre comme s’il concernait toute l’Italie conduirait à sous-estimer la population nationale traitée.
Comparer directement les 34 633 patients des dix régions italiennes aux 25 442 patients déclarés à l’échelle de toute la Roumanie serait également trompeur.
Des travaux distincts de l’ISN rapportaient environ neuf centres d’hémodialyse chronique par million d’habitants en Italie, selon les données de leur enquête.
Là encore, la densité des centres ne constitue pas une mesure directe de capacité.
Elle ne révèle ni le nombre de postes par centre, ni les rotations quotidiennes, ni les possibilités d’accueillir davantage de patients.
Le cas italien démontre à quel point la fiabilité des comparaisons internationales dépend de la qualité et de l’exhaustivité des données.
Une statistique peut être exacte pour la population qu’elle mesure, tout en devenant trompeuse si l’on ignore son périmètre.
Sources : ERA Registry — Rapport annuel 2023 et ISN — Europe occidentale.
Ce que révèle réellement la comparaison des quatre pays
Les quatre pays ne permettent pas d’établir un classement simple et universel de l’accès à la dialyse.
Ils illustrent au contraire quatre enjeux distincts.
Le Maroc montre pourquoi la densité des centres doit être étudiée en tenant compte de leur localisation et de leur utilisation.
L’Irak souligne l’importance d’examiner ensemble les infrastructures et les ressources humaines.
La Roumanie rappelle qu’il faut distinguer les traitements de suppléance rénale de la dialyse seule.
L’Italie démontre les conséquences possibles d’une couverture statistique incomplète.
Une comparaison pertinente devrait donc chercher à répondre à plusieurs questions.
Combien de personnes présentent une indication médicale de traitement de suppléance rénale ?
Combien reçoivent effectivement une prise en charge adaptée ?
Où se trouvent les établissements ?
Quelle quantité de soins peuvent-ils fournir de façon fiable ?
Quels obstacles empêchent les patients d’accéder au traitement ou de le poursuivre ?
Ces questions sont plus utiles pour orienter les investissements que le seul décompte des centres et des patients.
On ne peut pas classer correctement les pays sur l’accès à la dialyse à partir d’un indicateur unique lorsque les données mesurent des aspects différents des soins.
Modèle original : combien de patients un centre de dialyse de 12 postes peut-il prendre en charge ?
Une deuxième difficulté apparaît lorsque les responsables sanitaires passent des statistiques nationales à la gestion d’un établissement.
Un centre peut annoncer douze postes de traitement.
Mais combien de patients peut-il réellement accueillir ?
La réponse dépend des horaires d’ouverture, des effectifs, des prescriptions médicales, de l’organisation des séances et des interruptions.
Prenons un exemple fictif.
Étape 1 : calculer la capacité physique théorique
Imaginons un centre disposant de douze postes d’hémodialyse fonctionnels.
Pour cet exemple uniquement, supposons qu’il organise deux créneaux de traitement par poste et par jour, six jours par semaine.
Le nombre de créneaux hebdomadaires est donc :
12 postes × 2 créneaux × 6 jours = 144 créneaux par semaine.
Il s’agit d’une hypothèse de planification, et non d’une recommandation concernant les horaires, la durée des traitements ou les protocoles cliniques.
Étape 2 : estimer la population de patients réguliers
Supposons que chaque patient dispose d’une prescription de trois séances hebdomadaires.
Si les 144 créneaux pouvaient être utilisés régulièrement :
144 séances ÷ 3 séances par patient = 48 patients par semaine.
Ce résultat représente une capacité théorique.
Il suppose une disponibilité suffisante du personnel, des équipements et des ressources opérationnelles.
Il ne prend pas en compte les différences entre prescriptions ou niveaux de complexité clinique.
Étape 3 : introduire une limitation opérationnelle
Supposons maintenant que 15 % des créneaux prévus soient perdus à cause d’une combinaison fictive de maintenance, d’absences de personnel, d’interruptions ou de problèmes d’organisation.
La capacité moyenne devient :
144 × 85 % = 122,4 créneaux par semaine.
À raison de trois séances par patient, cela correspond à environ 40 programmes complets de traitement régulier par semaine, avec une faible capacité résiduelle moyenne.
Le modèle passe donc d’une capacité théorique de 48 patients à environ 40.
La différence est d’environ huit patients, soit près de 17 % dans cet exemple.
Étape 4 : interpréter correctement le résultat
Le taux de perte de 15 % est une hypothèse pédagogique, pas une moyenne mesurée du secteur.
La capacité réelle dépend notamment des prescriptions, du personnel, des horaires, de la réglementation locale, de l’état des équipements et de l’organisation clinique.
Certains centres fonctionnent avec davantage de rotations, d’autres avec moins.
Certains patients suivent des programmes différents.
Ce calcul ne doit donc jamais devenir une norme universelle de capacité.
Il illustre un principe essentiel :
Les postes installés créent une capacité potentielle. Le fonctionnement réel détermine la quantité de traitements qui peut effectivement être fournie.
Pourquoi cette distinction est importante
Un établissement qui comptabilise uniquement les postes installés peut surestimer sa capacité.
En suivant les séances réellement réalisées, les annulations, les effectifs disponibles et les immobilisations d’équipements, il peut identifier les véritables contraintes.
Si le personnel constitue le principal obstacle, installer un nouveau poste ne suffira pas nécessairement.
Si la maintenance est le problème majeur, des améliorations de fiabilité peuvent être pertinentes.
Si les patients vivent trop loin, augmenter la capacité d’un centre déjà distant ne répondra pas forcément au problème d’accès.
La solution dépend de la contrainte réelle.
Les 7 obstacles qui peuvent empêcher les patients d’accéder à la dialyse
1. La distance et les transports
Les patients peuvent devoir se déplacer plusieurs fois par semaine pour recevoir leur traitement.
Lorsque les établissements sont concentrés dans certaines villes, ces déplacements représentent une charge importante en temps et en argent.
Les responsables sanitaires doivent donc mesurer l’accessibilité géographique et les temps de trajet, et pas seulement le nombre de centres.
2. Le coût du traitement
La dialyse entraîne des dépenses récurrentes.
Selon le système de santé, elles peuvent être couvertes par l’assurance maladie, des financements publics ou d’autres mécanismes.
Lorsque la couverture est insuffisante, les patients peuvent subir des difficultés financières importantes.
L’existence d’un établissement ne garantit pas l’accessibilité économique des soins.
3. Le manque de personnel qualifié
Les services de dialyse nécessitent des professionnels correctement formés.
Selon les établissements, il peut s’agir de néphrologues, d’infirmiers, de techniciens, d’ingénieurs biomédicaux et d’autres personnels de santé.
Un centre ne peut pas augmenter son activité en toute sécurité au-delà des capacités de ses équipes.
4. La fiabilité des infrastructures
L’hémodialyse dépend d’équipements médicaux et de systèmes techniques associés.
Le traitement de l’eau, l’alimentation électrique et la maintenance jouent un rôle particulièrement important.
Des interruptions peuvent perturber la continuité des soins.
5. Les consommables et les chaînes d’approvisionnement
Les séances nécessitent des matériels récurrents : dialyseurs, tubulures, solutions et autres consommables liés au traitement.
Une rupture d’approvisionnement peut limiter le nombre de séances réalisables, même lorsque les machines et le personnel sont disponibles.
6. Le choix limité des modalités de traitement
Les patients ne présentent pas tous les mêmes besoins.
L’hémodialyse en centre, l’hémodialyse à domicile, la dialyse péritonéale et la transplantation peuvent être adaptées à différents profils.
Les systèmes de santé devraient permettre un choix clinique approprié plutôt que supposer qu’une seule modalité convient à tous.
7. Les insuffisances des systèmes d’information et d’orientation
Les patients peuvent rencontrer des retards de diagnostic, d’évaluation spécialisée ou d’organisation du traitement.
Les systèmes de santé ont également besoin de données fiables sur les ressources existantes et les besoins non satisfaits.
Sans ces informations, les décisions d’investissement risquent de reposer sur des hypothèses incomplètes.
Pourquoi la résolution de l’OMS de 2025 sur la santé rénale est importante
En mai 2025, l’Assemblée mondiale de la Santé a adopté sa première résolution spécifiquement consacrée à la santé rénale.
Cette décision a marqué une étape importante dans la reconnaissance internationale des maladies rénales comme enjeu majeur de santé publique.
La résolution encourage les pays à renforcer la prévention, le dépistage précoce, le diagnostic et les traitements.
Elle souligne également l’importance d’intégrer les soins rénaux aux stratégies sanitaires nationales et d’améliorer l’accès aux services appropriés.
Cette orientation est essentielle, car la dialyse ne constitue qu’une partie du parcours de soins.
Un système performant doit également détecter précocement les maladies rénales, gérer les facteurs de risque et accompagner les patients avant l’apparition d’une insuffisance rénale avancée.
Pour les personnes nécessitant un traitement de suppléance rénale, la prise en charge doit rester fiable dans le temps.
Une responsabilité qui concerne tout le système de santé
L’amélioration des soins rénaux nécessite une coordination entre différents niveaux.
Les soins primaires peuvent contribuer à l’identification des patients et à leur orientation.
Les spécialistes peuvent évaluer l’évolution de la maladie et les possibilités thérapeutiques.
Les centres de dialyse doivent disposer d’effectifs et d’infrastructures adaptés.
Les programmes de transplantation nécessitent leurs propres ressources et un suivi à long terme.
Les responsables publics doivent également prendre en compte le financement et l’accès aux soins.
La résolution de l’OMS rappelle donc un enseignement central :
Améliorer la santé rénale ne consiste pas seulement à installer davantage d’équipements. Cela nécessite de renforcer l’ensemble du système de soins.
Le poids invisible pour les patients : la dialyse représente bien plus qu’une séance médicale
L’accès à la dialyse est souvent étudié sous l’angle des établissements, des machines et des ressources humaines.
Mais il possède également une dimension humaine majeure.
Pour les personnes recevant une hémodialyse conventionnelle en centre, le traitement implique généralement plusieurs séances par semaine.
Un programme représentatif de trois séances de quatre heures par semaine correspond à environ 624 heures annuelles.
Cela équivaut à 26 journées complètes de 24 heures.
Et ce calcul ne comprend ni les déplacements, ni les préparatifs, ni l’attente, ni la récupération.
Optium analyse cette réalité dans son article 624 heures par an dans un fauteuil de dialyse : ce que cela représente réellement pour les patients.
Cet aspect doit être pris en compte dans l’aménagement des centres.
Les patients peuvent passer régulièrement plusieurs heures dans un fauteuil pendant que les équipes surveillent le traitement et accèdent aux équipements.
Le positionnement, l’accessibilité, l’hygiène et les dispositifs de soutien du patient peuvent donc être des critères importants.
Mais l’amélioration du mobilier clinique ne prouve pas, à elle seule, une amélioration des résultats médicaux ou de l’accès au traitement.
Un fauteuil de dialyse n’est pas un générateur de dialyse.
Il soutient le patient pendant la séance, sans réaliser le processus d’épuration sanguine.
Quels indicateurs mesurer avant d’augmenter la capacité d’un centre ?
L’analyse des pays et le modèle de capacité suggèrent une méthode opérationnelle.
Avant de définir le nombre de postes supplémentaires à acheter, les établissements devraient identifier précisément la contrainte qu’ils souhaitent résoudre.
Mesurer la demande clinique
Estimer le nombre de personnes nécessitant un traitement de suppléance rénale à partir de données cliniques et épidémiologiques appropriées.
Distinguer la population générale vivant avec une MRC des personnes ayant une indication de traitement.
Mesurer la capacité existante
Identifier les équipements fonctionnels, les horaires, les effectifs, les modalités de traitement et les séances effectivement réalisées.
Ne pas se limiter au nombre de machines ou de fauteuils installés.
Mesurer les obstacles à l’accès
Examiner les distances, les coûts, l’orientation des patients, la disponibilité des rendez-vous et les interruptions de soins.
Mesurer la fiabilité du service
Suivre les annulations de séances, les immobilisations d’équipements, les absences de personnel et les ruptures d’approvisionnement.
Mesurer la viabilité d’une expansion
Évaluer si une augmentation de capacité peut être soutenue durablement par le personnel, les infrastructures, le financement, la maintenance et les consommables.
Ces indicateurs ne constituent pas un indice universel d’accès à la dialyse validé scientifiquement.
Ils forment un cadre opérationnel pour orienter les investigations.
La meilleure expansion n’est pas nécessairement celle qui installe le plus de postes, mais celle qui supprime l’obstacle réel à la prise en charge des patients.
Quelle place pour les fauteuils de dialyse dans la planification des centres ?
Les fauteuils de dialyse ont une fonction différente de celle des générateurs.
Ils soutiennent le patient pendant le traitement et font partie de l’environnement clinique.
Lors de la création ou de la modernisation de postes d’hémodialyse, il faut notamment considérer le positionnement, l’accessibilité, la facilité de nettoyage, l’accès du personnel, la durabilité et la maintenance.
Les besoins diffèrent selon les établissements.
Un centre à forte activité peut avoir d’autres contraintes qu’une petite unité hospitalière.
Les équipes d’achat devraient examiner l’adaptation clinique, les mouvements disponibles, les transferts, l’accès vasculaire, la stabilité, la charge maximale d’utilisation, l’entretien et le coût global du cycle de vie.
Ces critères sont détaillés dans le guide Optium Comment choisir un fauteuil de dialyse : 12 critères à comparer.
Optium DC 44 : fauteuil électrique de dialyse et de chimiothérapie
Le fauteuil électrique de dialyse et de chimiothérapie Optium DC 44 est destiné aux environnements cliniques de dialyse et de chimiothérapie.
Selon les spécifications publiées par le fabricant, ses quatre moteurs électriques contrôlent le dossier, le repose-jambes, la hauteur et la position de Trendelenburg.
Le fauteuil comprend également des accoudoirs réglables et amovibles, un rembourrage en mousse viscoélastique et des roulettes verrouillables.
La charge maximale d’utilisation annoncée est de 180 kg, avec une plage de réglage en hauteur de 55 à 75 cm.
Ces caractéristiques sont des spécifications déclarées par le fabricant.
Elles ne constituent pas des preuves indépendantes d’amélioration des résultats cliniques.
Les acheteurs doivent vérifier leur adéquation avec les besoins du service, les protocoles et les exigences réglementaires applicables.
La gamme d’équipements médicaux Optium comprend également du mobilier destiné à différents environnements hospitaliers.
Ce que nous savons — et ce que nous ne pouvons pas encore mesurer
Les recherches disponibles fournissent une quantité importante d’informations sur les maladies rénales et les traitements de suppléance.
Elles révèlent aussi des lacunes.
Ce que nous savons
Environ 788 millions d’adultes vivaient avec une MRC en 2023.
La maladie représente un enjeu mondial majeur et croissant.
La prévalence des patients dialysés varie considérablement selon les régions.
Les données internationales montrent des différences d’infrastructures, de personnels spécialisés et de financement.
Les données de l’ISN pour 2023 révèlent un écart de près de 18 fois dans la densité déclarée des centres d’hémodialyse entre le Maroc et l’Irak.
Le registre ERA documente une population importante sous traitement de suppléance rénale en Roumanie et dans les régions italiennes couvertes.
Enfin, la capacité théorique d’un centre peut différer du nombre de traitements réguliers qu’il est capable d’assurer de façon fiable.
Ce que ces données ne permettent pas de déterminer
Nous ne savons pas combien des 788 millions d’adultes atteints de MRC ont actuellement besoin d’une dialyse.
Nous ne pouvons pas calculer les besoins mondiaux non satisfaits en soustrayant les patients dialysés de l’ensemble des personnes atteintes.
Nous ne pouvons pas conclure qu’un pays possédant davantage de centres par million d’habitants offre proportionnellement un meilleur accès.
Nous ne pouvons pas déterminer le nombre exact de postes supplémentaires nécessaires en Italie, en Roumanie, au Maroc ou en Irak à partir de ces seules statistiques nationales.
Nous ne pouvons pas affirmer que l’achat d’équipements supplémentaires résoudra les difficultés d’un établissement sans examiner ses effectifs, son organisation, son financement et ses infrastructures.
Enfin, un modèle de capacité hypothétique ne doit pas être assimilé à une observation clinique réelle.
Ces limites ne rendent pas les données inutiles.
Elles montrent pourquoi leur interprétation doit rester rigoureuse.
Le défi mondial de l’accès à la dialyse est considérable. Mais les données les plus utiles sont celles qui permettent d’identifier les véritables obstacles aux soins.
Questions fréquentes sur l’accès à la dialyse
Combien de personnes souffrent d’une maladie rénale chronique dans le monde ?
Une étude publiée dans The Lancet en 2025 estimait qu’environ 788 millions d’adultes âgés de 20 ans et plus vivaient avec une MRC en 2023.
Quel pourcentage des adultes présente une maladie rénale chronique ?
L’étude estimait la prévalence mondiale standardisée selon l’âge à environ 14,2 % en 2023.
Ce taux ne peut pas être appliqué uniformément à tous les pays ou groupes de population.
Toutes les personnes atteintes d’une maladie rénale chronique ont-elles besoin d’une dialyse ?
Non. De nombreuses personnes présentent une MRC à un stade précoce et ne nécessitent pas de dialyse.
Le traitement dépend de leur état clinique individuel.
Combien de personnes sont dialysées dans le monde ?
Fresenius Medical Care estimait qu’environ 4,5 millions de personnes recevaient régulièrement une dialyse en 2025.
Une analyse distincte du Global Burden of Disease estimait environ 3,57 millions de cas de dialyse en 2023.
Les méthodes sont différentes.
Quelle région présente la prévalence déclarée de dialyse la plus élevée ?
Selon l’analyse publiée dans The Lancet Global Health en 2025, l’Asie-Pacifique à revenu élevé présentait la prévalence standardisée la plus élevée dans les estimations de 2023.
Pourquoi l’accès à la dialyse est-il limité dans certains pays ?
Les obstacles peuvent comprendre le coût, le manque d’infrastructures, la pénurie de personnel qualifié, l’éloignement géographique, les ruptures d’approvisionnement et les difficultés d’accès aux spécialistes.
Davantage de centres de dialyse signifie-t-il nécessairement un meilleur accès ?
Non. La densité des centres mesure un aspect de l’infrastructure.
L’accès réel dépend également des capacités opérationnelles, du financement, de la localisation, des effectifs et des besoins des patients.
Comment la capacité d’un centre influence-t-elle le nombre de patients traités ?
Elle dépend des postes fonctionnels, des prescriptions, des horaires, des équipes cliniques et des interruptions de fonctionnement.
Le nombre de postes installés ne mesure pas, à lui seul, la capacité effective.
Quelle différence existe-t-il entre un générateur de dialyse et un fauteuil de dialyse ?
Le générateur participe au processus médical de dialyse.
Le fauteuil soutient le patient pendant le traitement.
Les deux équipements ont des fonctions différentes.
Acheter davantage d’équipements peut-il résoudre le problème d’accès ?
Cela peut être utile lorsque la capacité physique constitue la principale limite.
D’autres obstacles, notamment les ressources humaines, le financement, les transports et les infrastructures, nécessitent des solutions différentes.
Quelle différence existe-t-il entre l’hémodialyse et la dialyse péritonéale ?
L’hémodialyse utilise un circuit extracorporel pour éliminer des déchets et l’excès de liquide du sang.
La dialyse péritonéale utilise le péritoine comme membrane d’échange.
La pertinence de chaque modalité dépend d’une évaluation médicale individuelle.
La transplantation rénale constitue-t-elle une alternative à la dialyse ?
Oui, pour les patients éligibles. La transplantation constitue une modalité majeure de suppléance rénale.
Son indication dépend de l’évaluation clinique, de la disponibilité des greffons et de la situation personnelle.
Le véritable déficit mondial de soins rénaux dépasse la question des équipements
Le chiffre de 788 millions d’adultes vivant avec une maladie rénale souligne l’ampleur du défi mondial.
Mais l’histoire devient encore plus importante lorsqu’on s’intéresse à la manière dont les soins sont réellement délivrés.
Une personne atteinte d’insuffisance rénale ne bénéficie pas de la simple existence d’un centre de dialyse quelque part dans son pays.
Elle a besoin d’une évaluation médicale adaptée.
Elle a besoin d’un parcours thérapeutique accessible.
Elle a besoin de professionnels qualifiés, d’infrastructures fiables et d’une continuité des soins.
Elle a besoin d’un système capable de maintenir son traitement.
Les données internationales montrent que les ressources de soins rénaux sont très inégalement réparties.
Notre comparaison originale révèle pourquoi différents indicateurs peuvent raconter des histoires très différentes.
Le Maroc et l’Irak illustrent un écart frappant dans la densité déclarée des centres d’hémodialyse.
La Roumanie et l’Italie montrent l’importance des registres, de la couverture des données et de définitions précises.
Le modèle fictif de douze postes démontre qu’une infrastructure installée peut surestimer la capacité réellement mobilisable.
Ensemble, ces observations soutiennent une conclusion centrale :
La prochaine grande avancée des soins rénaux ne devrait pas être mesurée uniquement au nombre de générateurs, de fauteuils ou de centres installés, mais à la capacité des patients d’accéder de manière fiable aux soins appropriés.
Méthodologie et transparence des données
Recherche examinée : octobre 2026.
Cet article propose une analyse éditoriale comparative de statistiques internationales publiées sur les soins rénaux.
Il ne constitue ni une nouvelle étude clinique, ni une analyse individuelle de patients, ni une enquête hospitalière indépendante.
Sources et années de référence
Les estimations mondiales de MRC concernent 2023 et ont été publiées dans The Lancet en 2025.
Les estimations mondiales de prévalence de dialyse concernent 2023 et ont été publiées dans The Lancet Global Health en 2025.
L’estimation du nombre mondial de patients dialysés en 2025 provient de Fresenius Medical Care.
Les comparaisons nationales d’infrastructures utilisent l’Atlas mondial de la santé rénale 2023 de l’ISN et des analyses régionales évaluées par les pairs.
Les chiffres italiens et roumains relatifs aux traitements de suppléance proviennent du registre ERA pour 2023.
Calculs originaux
Le rapport d’environ 17,9 entre la densité des centres au Maroc et en Irak a été calculé en divisant 11,43 par 0,64, à partir de valeurs publiées par l’ISN.
Le modèle du centre de douze postes utilise des hypothèses explicitement fictives pour illustrer la différence entre capacité programmée et capacité de traitement effectivement délivrable.
Aucun de ces calculs ne démontre des résultats cliniques, la qualité des services ou le nombre de patients dont les besoins ne sont pas satisfaits.
Limites
Les sources combinent des estimations épidémiologiques modélisées, des enquêtes, des registres et des rapports sectoriels.
Les périodes, les définitions et l’exhaustivité des données diffèrent.
Les données nationales ne doivent pas être interprétées comme un inventaire exhaustif en temps réel des établissements en octobre 2026.
La densité des centres n’est équivalente ni à la densité des générateurs, ni à la capacité de traitement, ni à l’accès réel des patients.
L’analyse n’établit pas de lien causal entre densité des infrastructures et résultats cliniques.
Principales sources de recherche
1. The Lancet — Global, Regional, and National Burden of Chronic Kidney Disease in Adults, 1990–2023
Publication : novembre 2025.
https://doi.org/10.1016/S0140-6736(25)01853-7
2. The Lancet Global Health — Global, Regional, and National Prevalence of Kidney Failure With Replacement Therapy, 1990–2023
Publication : août 2025.
https://doi.org/10.1016/S2214-109X(25)00198-6
3. International Society of Nephrology — Global Kidney Health Atlas
https://www.theisn.org/in-action/research/global-kidney-health-atlas/
4. ISN — Global Kidney Health Atlas : Maroc
https://gkha.theisn.org/country/morocco/
5. Kidney International Supplements — Capacité de prise en charge de l’insuffisance rénale au Moyen-Orient
https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC11010631/
6. Kidney International Supplements — Capacité de prise en charge en Europe centrale et orientale
https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC11010604/
7. Kidney International Supplements — Capacité de prise en charge en Europe occidentale
https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC11010628/
8. European Renal Association — ERA Registry Annual Report 2023
https://www.era-online.org/wp-content/uploads/2026/02/ERA-Registry_Annual-Report-2023.pdf
9. Fresenius Medical Care — Rapport annuel 2025
https://freseniusmedicalcare.com/en/media/newsroom/annual-report-2025-the-power-of-care/
10. Organisation mondiale de la Santé — Résolution sur la santé rénale, 2025
11. KDIGO — Recommandations cliniques 2024 sur la maladie rénale chronique


