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Comment choisir un matelas hospitalier pour prévenir les escarres

Table des Matières

Date de PublicationJuly 14, 2026
Temps de Lecture20 min de lecture

Le matelas hospitalier est souvent traité comme un accessoire ajouté au lit à la fin du processus d’achat.

C’est une erreur.

Le lit détermine une grande partie du positionnement, de la hauteur et de la mobilité.

Le matelas est la surface qui reste directement en contact avec le patient pendant des heures, des jours ou parfois beaucoup plus longtemps.

Il influence notamment :

  • la redistribution des pressions ;

  • l’immersion du corps ;

  • l’enveloppement ;

  • le confort ;

  • le microclimat autour de la peau ;

  • la mobilité du patient ;

  • les transferts ;

  • le comportement du lit lorsqu’il s’articule.

Pour un patient à risque d’escarre, la bonne question n’est donc pas simplement :

« Mousse ou air ? »

Ni :

« Quel est le matelas le plus technologique ? »

La vraie question est :

« Quelle surface correspond au risque du patient, au lit utilisé, au protocole clinique et à la capacité de l’établissement à nettoyer, surveiller et maintenir le système ? »

Réponse rapide : quel matelas hospitalier choisir ?

La décision peut être structurée autour de cinq questions.

1. Quel est le profil du patient ?

Évaluez notamment :

  • mobilité ;

  • capacité à se repositionner seul ;

  • sensibilité ;

  • état de la peau ;

  • présence d’une lésion de pression ;

  • exposition à l’humidité ;

  • nutrition ;

  • dimensions corporelles ;

  • durée probable d’hospitalisation.

2. Quel est l’objectif clinique de la surface ?

Cherchez-vous principalement :

  • un support général ;

  • une redistribution continue des pressions ;

  • davantage d’enveloppement ;

  • une gestion du microclimat ;

  • une pression alternée ;

  • une assistance au positionnement latéral ?

3. Le matelas est-il réellement compatible avec le lit ?

Vérifiez :

  • longueur ;

  • largeur ;

  • épaisseur ;

  • fixation ;

  • articulation ;

  • géométrie des barrières ;

  • hauteur réelle du patient sur le lit.

4. Le matelas fonctionne-t-il avec votre protocole ?

Il doit rester compatible avec :

  • repositionnement ;

  • inspection cutanée ;

  • gestion de l’humidité ;

  • mobilisation ;

  • transferts ;

  • nettoyage ;

  • maintenance.

5. Pouvez-vous maintenir le système pendant plusieurs années ?

Comparez :

  • housses ;

  • pompes ;

  • cellules ;

  • alarmes ;

  • pièces détachées ;

  • formation ;

  • temps d’immobilisation ;

  • coût de remplacement.

Un matelas plus avancé n’est pas automatiquement un meilleur matelas.

Le meilleur choix est celui qui correspond au système de soins réel.

Qu’est-ce qu’une surface de support hospitalière ?

Une surface de support est un matelas, un surmatelas ou un système intégré conçu pour mieux gérer les forces mécaniques entre le patient et la surface.

Les principaux concepts sont :

Redistribution des pressions

Il s’agit de répartir la charge sur une surface corporelle plus importante afin de limiter les concentrations excessives de pression.

Immersion

L’immersion décrit jusqu’où le corps s’enfonce dans la surface.

Une immersion appropriée peut augmenter la surface de contact.

Mais une immersion excessive peut rendre certains mouvements ou transferts plus difficiles.

Enveloppement

L’enveloppement décrit la capacité de la surface à épouser les contours du corps.

Une surface qui enveloppe davantage peut offrir plus de contact autour des différentes zones anatomiques.

Friction et cisaillement

Le matelas et sa housse influencent aussi la manière dont le corps se déplace sur la surface.

La friction agit principalement à l’interface.

Le cisaillement implique la déformation relative des tissus.

Notre article sur les raisons pour lesquelles les patients glissent dans un lit hospitalier explique pourquoi pression, friction, cisaillement et migration doivent être analysés ensemble.

Microclimat

Le microclimat concerne notamment :

  • chaleur ;

  • humidité

à l’interface entre le patient et le support.

Il peut devenir important chez certains patients exposés à :

  • transpiration ;

  • humidité ;

  • incontinence ;

  • longues périodes d’immobilité.

Que disent les recommandations cliniques actuelles ?

Les recommandations internationales actuelles soutiennent l’utilisation d’une surface en mousse de redistribution des pressions chez les personnes présentant un risque de lésion de pression.

Cela ne signifie pas que tous les patients à risque nécessitent automatiquement un système dynamique motorisé.

Cela ne signifie pas non plus qu’une mousse portant simplement l’étiquette « médicale » possède nécessairement des propriétés adaptées.

La conclusion pratique est plus simple :

une mousse basique sans caractéristiques appropriées de redistribution ne devrait pas être considérée comme un choix suffisant uniquement parce qu’elle est bon marché ou qu’elle correspond aux dimensions du lit.

La sélection reste individuelle.

Deux patients installés dans la même chambre peuvent nécessiter des surfaces différentes.

1. Commencez par le risque du patient, pas par la technologie

L’une des erreurs d’achat les plus fréquentes consiste à sélectionner d’abord une catégorie de produit.

Par exemple :

« Pour les patients à risque, nous allons acheter des matelas à air. »

Cette logique inverse le processus.

Commencez plutôt par le patient.

Mobilité

Le patient peut-il :

  • se retourner ;

  • bouger ses jambes ;

  • modifier la position de son bassin ;

  • se repositionner spontanément ?

Sensibilité

Peut-il ressentir une pression ou une douleur et réagir ?

État de la peau

Existe-t-il :

  • rougeur persistante ;

  • lésion actuelle ;

  • antécédent important ?

Humidité

Existe-t-il une exposition fréquente à :

  • transpiration ;

  • incontinence ;

  • drainage ;

  • autres liquides ?

Nutrition

Un mauvais état nutritionnel peut modifier le profil de risque général.

Morphologie

Le poids seul ne suffit pas.

Considérez :

  • poids ;

  • largeur ;

  • longueur corporelle ;

  • répartition du poids.

Durée d’utilisation

Un patient passant quelques heures sur une surface n’a pas nécessairement le même besoin qu’un patient restant plusieurs jours ou semaines.

2. Définissez l’objectif avant de choisir le type de matelas

Les différentes catégories de support ne forment pas nécessairement une échelle simple :

basique → meilleur → meilleur encore.

Elles utilisent des principes différents.

Surface réactive

Elle réagit au poids du patient sans modifier activement ses caractéristiques dans le temps.

Les mousses en sont un exemple.

Surface active

Elle modifie périodiquement la distribution des pressions grâce à un système motorisé.

Les systèmes de pression alternée en sont un exemple.

Gestion du microclimat

Certains systèmes utilisent un flux d’air afin d’influencer chaleur et humidité à l’interface.

Positionnement assisté

Certaines surfaces dynamiques peuvent ajouter un mouvement latéral contrôlé.

Le bon choix dépend donc de ce que le système doit réellement accomplir.

Types de matelas hospitaliers

Matelas en mousse de redistribution des pressions

Type :

non motorisé / surface réactive.

Principe :

la construction de la mousse permet au corps de s’immerger et d’être soutenu de manière plus répartie.

Avantages potentiels :

  • pas de pompe ;

  • pas d’alimentation ;

  • installation simple ;

  • stockage plus facile ;

  • moins d’électronique ;

  • maintenance relativement simple.

Points à vérifier :

  • qualité de mousse ;

  • densité ;

  • fermeté ;

  • construction multicouche ;

  • découpes ;

  • récupération après compression ;

  • risque de bottoming out ;

  • état de la housse ;

  • compatibilité avec le lit.

La densité de mousse suffit-elle pour comparer deux matelas ?

Non.

Deux mousses de densité identique peuvent avoir des performances différentes.

La densité ne décrit pas à elle seule :

  • fermeté ;

  • élasticité ;

  • découpe ;

  • nombre de couches ;

  • soutien de bord ;

  • immersion ;

  • enveloppement.

Demandez donc davantage qu’un chiffre en kg/m³.

Exemple : Optium FM 01

Le FM 01 est un exemple de matelas non motorisé en mousse.

Sa configuration publiée comprend notamment :

  • mousse d’environ 32 kg/m³ ;

  • découpes CNC ;

  • passages internes permettant la circulation de l’air ;

  • construction réversible ;

  • housse respirante et résistante aux liquides.

L’épaisseur recommandée indiquée est d’environ 12 cm.

La taille standard publiée est :

195 × 85 × 12 cm

avec une option :

200 × 85 × 12 cm

pour certaines séries de lits Optium.

Ces chiffres constituent des spécifications produit.

Ils ne remplacent pas une évaluation clinique du patient.

3. Matelas viscoélastiques

La mousse viscoélastique réagit notamment :

  • au poids ;

  • à la chaleur corporelle.

Elle peut épouser davantage la forme du patient.

Avantages potentiels

  • enveloppement accru ;

  • confort ;

  • adaptation aux contours.

Mais vérifiez aussi

  • accumulation de chaleur ;

  • facilité à se retourner ;

  • facilité de transfert ;

  • récupération de la mousse ;

  • comportement après utilisation prolongée.

Une personne fragile mais encore autonome peut bénéficier d’un bon enveloppement tout en ayant besoin de rester capable de :

  • se tourner ;

  • s’asseoir ;

  • sortir du lit.

Une surface qui redistribue bien la pression mais empêche inutilement la mobilité peut créer un autre problème.

Exemple : Optium FM 02

Le FM 02 combine :

  • couche supérieure viscoélastique ;

  • couche de soutien plus dense ;

  • structure tubulaire ;

  • passages internes pour l’air ;

  • housse antistatique.

L’épaisseur publiée est d’environ 14 cm et la dimension standard annoncée d’environ 195 × 85 cm.

Lors de l’évaluation, ne comparez pas uniquement les 14 cm aux 12 cm d’un autre modèle.

L’épaisseur modifie également :

  • hauteur totale du patient ;

  • relation avec les barrières ;

  • hauteur de transfert.

4. Matelas low-air-loss

Un système low-air-loss utilise un flux d’air afin de soutenir le patient et/ou d’influencer le microclimat selon sa conception.

Le terme peut donner l’impression qu’il décrit une performance clinique universelle.

Ce n’est pas le cas.

Deux systèmes commercialisés comme « low air loss » peuvent être très différents en matière de :

  • débit d’air ;

  • cellules ;

  • régulation de pression ;

  • zones ventilées ;

  • alarmes ;

  • contrôle ;

  • pompe.

Comparez donc les caractéristiques réelles.

Que faut-il vérifier ?

  • comment la pression est-elle ajustée ?

  • le réglage dépend-il du poids ?

  • toutes les cellules reçoivent-elles le même flux ?

  • quelles alarmes existent ?

  • que se passe-t-il en cas de coupure ?

  • le système possède-t-il un mode transport ?

  • quel bruit produit la pompe ?

  • comment la housse interagit-elle avec l’air ?

  • comment nettoie-t-on les cellules ?

Exemple : Optium FM 06

Le FM 06 utilise une architecture à cellules d’air.

Les spécifications publiées comprennent notamment :

  • 22 cellules à pression variable ;

  • six cellules dotées d’un système de ventilation ;

  • réglage selon le poids ;

  • capacité annoncée jusqu’à environ 180 kg ;

  • dimension publiée d’environ 195 × 90 × 8 cm.

Ici encore, la catégorie « low-air-loss » n’est qu’un point de départ.

L’établissement doit vérifier le fonctionnement complet.

5. Matelas à pression alternée

Un système de pression alternée modifie périodiquement la pression de différentes cellules.

L’objectif est de changer dans le temps les zones du corps qui supportent le plus de charge.

Il s’agit donc d’une surface active.

Vérifiez :

  • durée des cycles ;

  • réglages disponibles ;

  • pression ;

  • alarmes ;

  • poids du patient ;

  • fonctionnement de la pompe ;

  • valve CPR ;

  • mode transport ;

  • verrouillage des commandes ;

  • cellules remplaçables ;

  • facilité de dépannage.

Un système à pression alternée peut-il empêcher toutes les escarres ?

Non.

Aucun matelas ne garantit qu’un patient ne développera pas de lésion de pression.

Même avec un système dynamique, la prévention peut encore nécessiter selon le patient :

  • réévaluation clinique ;

  • inspection de la peau ;

  • repositionnement ;

  • décharge des talons ;

  • gestion de l’humidité ;

  • nutrition ;

  • mobilisation ;

  • documentation.

Technologie avancée ≠ prévention automatique.

Exemple : Optium FM 08

Le FM 08 est un système de thérapie dynamique utilisant notamment :

  • 18 cellules remplaçables ;

  • plusieurs durées de cycle sélectionnables ;

  • alarmes ;

  • détection de position ;

  • détection automatique du poids ;

  • valve CPR ;

  • mode transport.

L’épaisseur complète n’est pas indiquée sur toutes les présentations produit actuelles.

Pour un appel d’offres, ce type de donnée doit être confirmé avant validation, car l’épaisseur influence directement la compatibilité avec le lit.

6. Matelas à positionnement latéral assisté

Les systèmes latéraux ajoutent un autre niveau de fonction.

Ils peuvent combiner :

  • pression alternée ;

  • redistribution dynamique ;

  • mouvement contrôlé à droite ou à gauche.

Cette technologie peut être envisagée dans certains workflows complexes.

Elle ne doit pas être considérée comme :

« meilleure que toutes les autres surfaces ».

Elle ajoute aussi :

  • davantage de commandes ;

  • alarmes ;

  • maintenance ;

  • formation ;

  • procédures.

Exemple : Optium FM 10

Le FM 10 combine pression dynamique et positionnement latéral.

Les données publiées incluent notamment :

  • 18 cellules à pression variable ;

  • cycles sélectionnables ;

  • positionnement jusqu’à environ 30° vers la droite ou la gauche ;

  • détection de position ;

  • détection du poids ;

  • mode transport ;

  • alarmes ;

  • libération rapide d’air ;

  • cellules remplaçables.

Une technologie de ce type doit être évaluée avec :

  • patient ;

  • lit ;

  • personnel ;

  • protocole.

Le mouvement automatique ne remplace pas la surveillance clinique.

Aucun matelas ne remplace le repositionnement

C’est probablement le point le plus important de tout ce guide.

Un matelas sophistiqué ne transforme pas un patient à risque en patient ne nécessitant plus aucune surveillance.

La stratégie de repositionnement doit rester individualisée.

Elle peut dépendre notamment :

  • de la mobilité ;

  • de la capacité à se repositionner ;

  • de l’état de la peau ;

  • de la tolérance tissulaire ;

  • du confort ;

  • du sommeil ;

  • des objectifs de soins ;

  • de la surface utilisée.

Les recommandations actuelles permettent d’adapter les intervalles selon le patient et la surface.

Elles ne doivent pas être transformées en une règle universelle du type :

« tout le monde doit être retourné exactement toutes les deux heures ».

La fréquence et la méthode relèvent de l’équipe clinique.

Une stratégie complète peut inclure

  • évaluation du risque ;

  • inspection régulière de la peau ;

  • repositionnement ;

  • décharge des talons ;

  • gestion de l’humidité ;

  • soutien nutritionnel ;

  • mobilisation ;

  • documentation ;

  • communication entre équipes.

Le matelas est une partie de cette stratégie.

Pas son remplacement.

7. Compatibilité entre le matelas et le lit : pourquoi est-ce une question de sécurité ?

Un matelas ne doit pas être sélectionné uniquement parce que sa longueur et sa largeur sont « proches ».

Sa :

  • longueur ;

  • largeur ;

  • épaisseur ;

  • fixation ;

  • compressibilité

peuvent modifier toute la géométrie du lit.

Un matelas incompatible peut influencer :

  • espaces entre matelas et barrières ;

  • hauteur effective des barrières ;

  • articulation du sommier ;

  • hauteur de transfert ;

  • déplacement du matelas ;

  • accès aux fonctions CPR ;

  • câbles et sangles.

Notre guide sur les 7 zones de piégeage d’un lit hospitalier explique pourquoi lit, matelas et barrières doivent être considérés comme un système unique.

Un matelas trop épais peut-il poser problème ?

Oui.

Une épaisseur supplémentaire peut augmenter la hauteur du patient par rapport aux barrières.

Elle peut également modifier :

  • entrée/sortie ;

  • transfert vers fauteuil ;

  • compatibilité avec table de lit ;

  • positionnement.

Cela ne signifie pas qu’un matelas épais soit mauvais.

Cela signifie qu’il faut le tester avec le lit réel.

Un matelas trop étroit ou trop court ?

Il peut créer des espaces.

Il peut aussi :

  • se déplacer davantage ;

  • ne pas rester correctement retenu ;

  • modifier le support.

Une simple différence de quelques centimètres peut donc être importante.

Testez le lit dans plusieurs positions

Avant validation, installez le vrai matelas sur le vrai lit.

Puis testez :

  1. position à plat ;

  2. dossier relevé ;

  3. section genoux relevée ;

  4. hauteur minimale ;

  5. hauteur maximale ;

  6. position de transfert ;

  7. position CPR ;

  8. configuration transport.

Pour un système motorisé, ajoutez :

  • coupure secteur ;

  • batterie ;

  • mode transport.

Notre guide sur la batterie de secours des lits hospitaliers explique pourquoi une surface motorisée et un lit motorisé doivent être évalués séparément en cas de panne d’alimentation.

8. La housse n’est pas un simple emballage

La housse influence :

  • protection contre les liquides ;

  • friction ;

  • cisaillement ;

  • confort ;

  • microclimat ;

  • nettoyabilité ;

  • durée de vie de l’intérieur.

Lors de l’achat, évaluez :

  • résistance aux liquides ;

  • respirabilité ;

  • élasticité ;

  • coutures ;

  • soudures ;

  • fermeture ;

  • compatibilité avec les désinfectants.

Inspectez régulièrement la housse

Recherchez :

  • fissures ;

  • déchirures ;

  • perforations ;

  • coutures ouvertes ;

  • fermeture endommagée ;

  • décollement ;

  • pénétration de liquide.

Un matelas dont l’intérieur a été contaminé peut devenir très difficile, voire impossible, à nettoyer correctement.

Notre article sur les zones à haut contact d’un lit hospitalier explique pourquoi matelas, fermeture et plateforme sous-jacente doivent être intégrés au protocole d’hygiène.

Peut-on remplacer uniquement la housse ?

Sur certains modèles, oui.

Cela peut réduire le coût lorsqu’une housse est endommagée mais que la structure interne reste intacte et conforme.

Mais le fournisseur doit préciser :

  • références ;

  • disponibilité ;

  • procédure ;

  • méthode d’inspection interne.

Une housse neuve posée sur une mousse déjà contaminée ou déformée ne résout pas le problème.

9. Talons, sacrum et autres zones à risque

Un matelas ne répartit pas nécessairement toutes les charges anatomiques de la même manière.

Certaines zones peuvent nécessiter des stratégies complémentaires.

Talons

Ils présentent une petite surface de contact et peuvent nécessiter selon le patient :

  • positionnement spécifique ;

  • dispositif de décharge ;

  • autre stratégie.

Sacrum

Le risque peut augmenter lorsque :

  • le patient reste immobile ;

  • le dossier est relevé ;

  • le patient glisse.

C’est pourquoi pression et migration sont étroitement liées.

Autres zones

Selon la position :

  • hanches ;

  • coudes ;

  • occiput ;

  • autres reliefs osseux

peuvent être exposés.

Le matelas ne doit jamais être considéré comme un mécanisme distribuant parfaitement la pression de manière identique partout.

10. Redistribution des pressions vs mobilité du patient

Une surface très enveloppante peut être intéressante pour certains patients.

Mais elle peut aussi demander davantage d’effort pour :

  • tourner ;

  • s’asseoir ;

  • sortir du lit.

Ce compromis est particulièrement important pour :

  • patients postopératoires ;

  • personnes fragiles mais encore mobiles ;

  • patients en rééducation.

Un support trop « mou » ou trop enveloppant peut parfois limiter une autonomie que l’équipe souhaite préserver.

Notre guide sur le lit électrique pour récupération postopératoire explique pourquoi mobilité, hauteur du lit et surface doivent être planifiées ensemble.

Le test Optium des cinq compatibilités

Une manière pratique de structurer l’achat consiste à vérifier cinq types de compatibilité.

1. Compatibilité patient

La surface correspond-elle :

  • à sa mobilité ;

  • à son risque ;

  • à sa morphologie ;

  • à son confort ;

  • à sa capacité de repositionnement ?

2. Compatibilité pression

La technologie répond-elle au besoin réel ?

  • mousse ;

  • enveloppement ;

  • immersion ;

  • flux d’air ;

  • pression alternée ;

  • mouvement latéral.

3. Compatibilité plateforme

Le matelas correspond-il exactement au :

  • lit ;

  • sommier ;

  • système de fixation ;

  • mouvement ;

  • barrières ?

4. Compatibilité protocole

Les équipes peuvent-elles :

  • repositionner ;

  • surveiller ;

  • nettoyer ;

  • inspecter ;

  • transporter ;

  • dépanner

le système correctement ?

5. Compatibilité achat / cycle de vie

L’établissement peut-il obtenir :

  • housses ;

  • cellules ;

  • pompes ;

  • câbles ;

  • pièces ;

  • assistance ;

  • formation

pendant toute la durée d’utilisation ?

Un matelas ne passe réellement le test que s’il fonctionne dans les cinq catégories.

Ce que les achats doivent comparer au-delà du prix

Construction de la housse

Examinez :

  • résistance aux liquides ;

  • élasticité ;

  • coutures ;

  • fermeture ;

  • respirabilité ;

  • compatibilité chimique.

Inspection interne

Comment détecter :

  • fatigue de la mousse ;

  • indentation permanente ;

  • cellule endommagée ;

  • contamination ;

  • perte de pression ?

Pompe et alarmes

Pour un système motorisé :

  • alarme basse pression ;

  • panne électrique ;

  • réglage du poids ;

  • verrouillage ;

  • détection de position ;

  • volume des alarmes ;

  • écran ;

  • dépannage.

Modes de soins

Existe-t-il un mode plus ferme pour :

  • certains soins ;

  • transfert ;

  • nettoyage ?

Pièces remplaçables

Peut-on remplacer :

  • housse ;

  • cellule ;

  • tuyau ;

  • pompe ;

  • câble ?

Un système totalement jetable après la panne d’une petite pièce peut avoir un coût de cycle de vie très différent.

Erreur 1 : choisir le même matelas pour tous les services

La standardisation facilite :

  • achat ;

  • stockage ;

  • formation.

Mais une standardisation excessive peut être contre-productive.

Les besoins d’un :

  • service général ;

  • service d’urgence ;

  • ICU ;

  • établissement de long séjour

ne sont pas forcément identiques.

Standardisez lorsque les profils sont réellement similaires.

Erreur 2 : acheter une technologie sans protocole

Un matelas à pression alternée n’apporte pas sa pleine valeur si personne ne sait :

  • quel réglage utiliser ;

  • comment répondre à une alarme ;

  • quand repositionner ;

  • quand escalader vers une autre surface.

Technologie et protocole doivent être planifiés ensemble.

Erreur 3 : ignorer l’épaisseur

Une différence de quelques centimètres modifie :

  • barrière ;

  • transfert ;

  • table de lit ;

  • hauteur d’entrée.

L’épaisseur est une donnée clinique et ergonomique.

Pas seulement logistique.

Erreur 4 : confondre low-air-loss et pression alternée

Ce sont deux fonctions différentes.

Low-air-loss

Met l’accent sur le flux d’air et le microclimat selon le design.

Alternating pressure

Modifie périodiquement la pression des cellules.

Certains systèmes combinent plusieurs technologies.

D’autres non.

Lisez la fonction réelle.

Pas uniquement le nom commercial.

Erreur 5 : traiter la housse comme un emballage

Elle fait partie du système de support.

Une housse :

  • trop rigide ;

  • endommagée ;

  • chimiquement dégradée

peut modifier l’utilisation et l’hygiène.

Erreur 6 : comparer uniquement le prix initial

Un matelas moins cher peut devenir plus coûteux si :

  • sa housse s’abîme rapidement ;

  • les cellules ne se remplacent pas ;

  • la pompe ne se répare pas ;

  • les pièces sont indisponibles ;

  • le système reste longtemps hors service.

La bonne équation est :

achat + maintenance + pièces + housses + pompes + temps d’arrêt + remplacement + formation

Checklist d’achat d’un matelas hospitalier

Avant commande, confirmez :

  1. Quel service utilisera le matelas ?

  2. Quels profils de patients sont prévus ?

  3. La surface est-elle réactive, active ou hybride ?

  4. Quel niveau de redistribution est recherché ?

  5. Les dimensions correspondent-elles exactement au lit ?

  6. L’épaisseur reste-t-elle compatible avec les barrières ?

  7. Le matelas suit-il toutes les articulations ?

  8. Comment est-il fixé ?

  9. La housse est-elle amovible ?

  10. Quels désinfectants sont autorisés ?

  11. Comment détecter une contamination interne ?

  12. Housse, cellules et pompe peuvent-elles être remplacées ?

  13. Quelles alarmes sont disponibles ?

  14. Que se passe-t-il pendant le transport ?

  15. Que se passe-t-il pendant une coupure électrique ?

  16. Qui formera les équipes ?

  17. Quelle maintenance préventive est nécessaire ?

  18. Quand faut-il retirer le matelas du service ?

  19. Quelles pièces restent disponibles ?

  20. Quel est le coût total de possession ?

Questions fréquentes

Quel est le meilleur type de matelas hospitalier ?

Il n’existe pas un type universellement supérieur.

Le choix dépend du risque, de la mobilité, de la peau, de l’humidité, de la morphologie et du protocole.

Quelle différence entre mousse et pression alternée ?

La mousse redistribue la charge grâce à sa construction.

La pression alternée utilise des cellules motorisées qui changent de pression selon un cycle.

Quand envisager un low-air-loss ?

Lorsque la stratégie de support doit notamment prendre en compte la redistribution et/ou le microclimat.

Le choix doit se baser sur les caractéristiques réelles du système.

Un matelas à pression alternée prévient-il les escarres ?

Il peut soutenir une stratégie de prévention.

Il ne peut pas garantir qu’aucune lésion ne se développera.

Tous les matelas hospitaliers s’adaptent-ils à tous les lits ?

Non.

Longueur, largeur, épaisseur, fixation, barrières et articulation doivent toutes être compatibles.

Un matelas dynamique élimine-t-il le besoin de repositionnement ?

Non.

Le repositionnement reste individualisé selon le patient et le protocole.

À quelle fréquence repositionner un patient ?

Il n’existe pas de fréquence universelle adaptée à tous les patients.

La décision dépend de l’état clinique et de la surface utilisée.

Quand remplacer un matelas ?

Il n’existe pas un nombre d’années valable pour tous.

Il peut devoir être retiré lorsqu’on constate :

  • contamination ;

  • déformation permanente ;

  • housse défaillante ;

  • cellule endommagée ;

  • perte de pression ;

  • perte de performance.

Que vérifier sur la pompe d’un matelas dynamique ?

  • alarmes ;

  • pression ;

  • réglage poids ;

  • CPR ;

  • transport ;

  • verrouillage ;

  • position ;

  • maintenance ;

  • disponibilité des pièces.

Un matelas plus cher est-il toujours meilleur ?

Non.

La meilleure surface est celle qui correspond :

au patient + au lit + au protocole + à l’infrastructure de l’établissement.

Conclusion

Le lit hospitalier porte et positionne le patient.

Le matelas détermine comment le corps rencontre cette plateforme heure après heure.

Le choix ne devrait donc jamais commencer par :

« Quel est notre budget par matelas ? »

ou :

« Quel système possède le plus de technologie ? »

Commencez par :

  • le patient ;

  • le risque ;

  • la mobilité ;

  • l’objectif clinique.

Puis vérifiez :

  • redistribution ;

  • immersion ;

  • enveloppement ;

  • microclimat ;

  • compatibilité avec le lit ;

  • repositionnement ;

  • nettoyage ;

  • maintenance ;

  • coût de cycle de vie.

Un matelas en mousse correctement sélectionné peut être un excellent choix.

Un matelas viscoélastique peut apporter davantage d’enveloppement à certains patients.

Un système low-air-loss peut répondre à d’autres besoins.

La pression alternée et le positionnement latéral peuvent apporter des fonctions supplémentaires dans des situations plus complexes.

Aucune catégorie n’est automatiquement la meilleure.

Le bon matelas est celui qui correspond au patient réel, au lit réel et à la manière dont les soins sont réellement délivrés.

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